Nombre de cadres et de professionnels expérimentés se décrivent comme introvertis et, par leur propre admission, peu talentueux quant à la prise de parole en public, aux présentations d’affaires et techniques. Étonnamment, c’est en fait leur tendance à l’introversion qui leur donne des qualités requises pour devenir des orateurs compétents et efficaces. Voici 5 raisons pour lesquelles l’introversion pourrait être un précieux atout pour votre perfectionnement professionnel.
D’abord, définissons l’introversion comme une disposition psychologique caractérisée par une orientation prédominante de l’intérêt et de l’attention vers sa propre vie intérieure, au détriment des stimulations externes. On a tendance à associer l’introversion à la timidité et pourtant ces deux mots ne sont pas synonymes. La timidité est liée à l’anxiété sociale, tandis que l’introversion est une modalité de fonctionnement qui reflète une préférence pour la réflexion et la tranquillité.
On pourrait penser que ce n’est pas gagné d’avance pour les introvertis, mais, au contraire, voici ce qu’ils peuvent mettre à profit pour obtenir du succès.
1. VALEUR AJOUTÉE
Les gens qui ont une tendance forte vers l’introversion sont peu enclin à prendre la parole de façon impromptue sans avoir minutieusement réfléchi à la valeur intrinsèque de leur contribution au débat. S’ils n’y voient pas une valeur ajoutée, ils s’abstiendront. Lorsqu’ils assistent à une présentation eux-mêmes, ils évaluent le coût de renonciation associé à leur présence dans la salle., alors, soyez certain qu’ils prennent en compte le coût-bénéfice de leur intervention lorsque c’est à leur tour de présenter. Pour eux, présenter c’est sérieux, et les auditeurs pourront être rassurés quant à la nécessité de leur participation.
2. RECHERCHE
S’ils ont tendance à investir beaucoup d’efforts dans la préparation, en revanche, on peut penser que ces conférenciers auront réfléchi à la composition de l’auditoire et ciblé les auditeurs-clé dans leur préparation. La présentation aura un objectif stratégique bien défini et ils s’auto-évalueront, souvent un peu sévèrement, en regard de cette cible. Rien ne sera laissé au hasard. La présentation a un objectif défini et les auditeurs ont été identifiés.
3. GESTION DU TEMPS
Ils seront souvent efficaces et économes dans leur façon de présenter et s’en tiendront aux faits et à une trame logique sans s’éparpiller dans des considérations personnelles. Le temps est précieux et il est compté. Même si on pourrait croire que la présentation manquera un peu de piquant, l’allocution sera à tout le moins efficace. Le défi pour les orateurs qui ont une tendance vers l’introversion est de partager leur expérience intérieure avec le sujet et d’extérioriser leur réflexion et leur ressenti. Ici, la pratique du Storytelling est un outil important à intégrer pour ces conférenciers et conférencières.
4. PRATIQUE
Ces orateurs auront tendance à privilégier la pratique et les répétitions car ils se sont convaincus d’avance que le talent naturel leur fait défaut. Les présentateurs qui ont une tendance vers l’extraversion escamotent souvent cette partie de la préparation parce qu’ils s’appuient sur, ce qu’ils croient être à tort, un talent naturel qui leur confère un avantage injuste. Certaines personnes, il est vrai, ont une propension naturelle et, on pourrait dire, un certain talent, mais rien ne remplace la préparation, la pratique et le travail. Ici l’esprit méthodique de l’introverti lui gagnera des jalons.
5. ATTENTION
Si les personnes qui ont une tendance vers l’extraversion se présentent à nous souvent comme le centre de l’attention, ceux qui ont une tendance vers l’introversion supportent assez mal d’être le point focal de l’assemblée. Paradoxalement, les meilleurs conférenciers sont ceux qui minimisent leur importance dans cet espace public et qui présentent pour les gens dans la salle. Une personne intravertie a tendance à tourner les projecteurs vers ses auditeurs et loin de soi-même, une qualité très appréciée par l’auditoire et l’une des plus importantes dans le succès d’une allocution.
LE MOT DE LA FIN
De mon propre aveu, je suis un introverti, tout comme mes homologues du camp de l’introversion plus illustres que moi qui, comme les Warren Buffett, Barack Obama et Winston Churchill, ont dû travailler juste un peu plus fort pour devenir des communicateurs efficaces. Lorsqu’on me demande pourquoi j’ai choisi un métier dans lequel on se présente devant des dizaines, voire des centaines de personnes quotidiennement, je leur réponds tout simplement que je suis juste un peu mieux outillé que la moyenne des gens. Gardez espoir mes confrères et consœurs introverti.e.s, ce que vous croyez être un handicap est un avantage!
